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CES 2018 : faits marquants

Du 9 au 12 janvier Las Vegas

La présence des start-up françaises et la visibilité de la French Tech sont toujours aussi impressionnantes, dans un Eureka Park dont l’agencement global a été amélioré cette année. Avec 275 start-up référencées auprès de la French Tech : la France conforte sa place de 2ème nation représentée, juste derrière les Etats-Unis (289).

Même si certaines sociétés sont venues trop tôt au CES avec des prototypes pas toujours bien finis et des concepts à consolider, la très grande majorité des projets présentés étaient de bonne ou de très bonne qualité. Pour preuve, les 2 Best Of Innovation Awards décrochés par Lancey Energy Storage pour son radiateur électrique intelligent et par Blue Frogs Robotic pour son robot compagnon Buddy, et les 29 produits distingués par un CES Innovation Awards.
Plus de 50 start-up, accompagnées par CAP’TRONIC, étaient d’ailleurs présentes cette année (voir le zoom sur 30 d’entre-elles)

Il faut également toujours noter la présence notable d’entreprises françaises en dehors d’Eureka Park, des start-up qui sont « sorties » d’Eureka Park ou des PME/ETI/grands groupes qui continuent d’affirmer leur présence et leur développement dans le monde des services connectés.

De nombreux décideurs français, un Ministre (Mounir Mahjoubi), plusieurs Député(e)s, des Président(e)s ou Vice-président(e)s de Région, ont également fait le déplacement.

Toujours dans un contexte de forte compétition entre grands acteurs et grands stands, la voiture connectée de plus en plus « intelligente » est, comme en 2017, l’un des faits marquants de ce CES.

NVIDIA présentait son DRIVE PX PEGASUS comme le « World’s first AI Supercomputer for level 5 robotaxis » en haut d’une gamme allant des processeurs mobiles à refroidissement passif 10 Watts jusqu’aux systèmes ultra-performants à quadruple processeur IA qui délivrent jusqu’à 320 trillions d’opérations Deep Learning par seconde (Voir : https://www.nvidia.fr/self-driving-cars/drive-px/). Cette dernière configuration qui embarquera 2 puces Xavier est annoncée pour mi-2018.
Après les partenariats annoncés en 2017, les partenariats de NVIDIA avec Volkswagen, Uber et le chinois Baidu ont été officiellement annoncés cette année (ce dernier développant une plate-forme d’intelligence artificielle pour voiture autonome pour le marché chinois avec l’équipementier ZF).

NXP, LG Electronics et Hella Aglaia ont annoncé un partenariat stratégique autour des applications de vision automobile en vue de créer une plate-forme à destination des constructeurs.

Mercedes a présenté son nouveau système multimédia dénommé MBUX ("Mercedes Benz User Experience") intégrant les technologies deep learning de NVIDIA et un système de reconnaissance vocale. Le MBUX devrait équiper la prochaine génération de Classe-A en 2018. Par ailleurs, Samsung et Harman (racheté par Samsung) ont dévoilé le Digital Cockpit composé de plusieurs larges écrans et doté d’une connexion 5G. Ils ont également annoncé l’arrivée de la plateforme ouverte DRVLINE™.

Carlos Ghosn a annoncé, au nom de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, la création d’un fonds technologique de 1 milliard de dollars sur cinq ans, destiné à soutenir des start-up innovantes dans les technologies et les nouveaux services de mobilité.

Le français Navya a fait circuler sa navette/taxi autonome aux abords du Convention Center.

La start-up chinoise Byton a présenté un prototype de SUV électrique et connecté, avec un écran tableau de bord imposant, et la promesse d’une autonomie de plus de 500 kilomètres et d’une recharge à 80% en 30 minutes seulement. Sa commercialisation est annoncée en 2019 en Chine à un prix de 45.000 $ (soit environ la moitié du prix d’une Tesla Model X comme la presse l’a souligné !)

A l’heure ou les cartes sont en train de se rebattre dans l’industrie automobile, les équipementiers (Bosch, ZF, Delphi, Valeo, Faurecia, Continental…) étaient également bien présents. Valeo a, en particuliers, présenté sa voiture électrique low cost annoncé à un tarif record de 7.500 € (batterie au lithium comprise), avec des performances limitées : moteur de 48V, 100 km d’autonomie et une vitesse de pointe de 100 km/h. A priori, des caractéristiques adaptées au marché des citadins chinois.

Comme lors des CES précédents, les écrans sont toujours bien présents, avec notamment, le concept de téléviseur enroulable (en 65 ") dévoilé par LG Display, le corridor d’écrans incurvés OLED de LG, la TV gigantesque « The Wall » de 146 pouces (3,65 m) de Samsung qui tente de concurrencer LG avec sa technologie microLED et qui est composé d’une centaine de petits panneaux permettant une certaine modularité (réservée au fabricant).

Les gamers ne sont pas oubliés avec les moniteurs BFGD de 65 pouces (Big Format Gaming Displays) de Nvidia optimisés pour le jeu, embarquant la technologie G-SYNC HDR qui permet de synchroniser la fréquence de rafraîchissement de 120 Hz de l’écran à celui du jeu, avec une latence très faible (sortie prévue à l’été 2018).


La 5G est toujours présentée au travers de ses performances et des nouveaux usages qu’elle va permettre de proposer avec, par exemple, le streaming live en 4K ou à 360, la voiture connectée, les interactions entre véhicules avec des temps de latence très réduits, villes et maisons connectés…

Le Wi-Fi n’est pas oublié avec le routeur Wi-Fi Q2 de Huawei & ses satellites, permettant de mailler un logement avec des débits annoncés comme allant jusqu’à 1867 Mbps. De plus la Wi-Fi Alliance a également annoncé le développement d’une troisième norme de sécurité Wi-Fi : le WPA3 (Wi-Fi Protected Access 3).

Google a mis les moyens pour rattraper Amazon Alexa omniprésent au CES 2017, en s’affichant sur le monorail de Las Vegas et sur les abords du salon. Google Assistant est ainsi intégré à Android Auto et est adopté par un grand nombre de fabricants de produits connectés. La plupart des produits, notamment dans la smart home, proposent ainsi la compatibilité avec Alexa, Google Assistant et Apple Home kit.

La réalité virtuelle (VR) étaient toujours très présentes aussi bien au niveau des masques et des lunettes, qu’au niveau des dispositifs de captation (caméra 360°, drones volants et sous-marins…) avec une augmentation importante de la définition des casques et la disparition des câbles (cf le nouveau casque HTC Vive Pro).
Les usages grands publics sont multiples mais les usages industriels ne sont pas loins (grâce aux baisses de prix et à l’augmentation des performances des devices « grand public »).

Du côté des univers applicatifs :
- Le wellness (bien-être & santé) reste très présent avec toujours un gros accent mis sur la qualité du sommeil, mais aussi la mesure de l’activité, la nutrition… (« sleep better, feel better, care better… ») mais également sur des dispositifs médicaux connectés à destination des centres de soin, des EPAD, de l’hospitalisation à domicile ou des malades chroniques, en visant un continuum des soins grâce à une communication avec les outils des professionnels de la santé.

- Dans l’habitat, il y a peu de nouveaux usages. Les acteurs cherchent à se différencier en mettant en avant la simplicité d’intégration, de connexion et d’utilisation avec la généralisation des assistants vocaux mais aussi l’analyse d’images ou des mouvements. Chaque fabricant affiche son ouverture plus ou moins aboutie au travers d’alliances et cherche à compléter les services proposés en élargissant sa gamme de produits ou son périmètre (liens avec le mobile, la ville, la voiture…). A noter un effort pour intégrer des scénarii de vie (pour le chauffage, l’éclairage…) et un travail sur le design, notamment chez Legrand qui vise en particuliers l’hôtellerie haut de gamme. Il est également intéressant de noter la présence de Leroy-Merlin qui a choisi de faire la promotion au CES de sa box Enki, faisant office de hub gérant de nombreux protocoles réseaux et capable d’interconnecter lumières, caméras de surveillance, volets, thermostats … pour en faciliter l’usage.






- Les acteurs de l’électroménager sont toujours bien présents avec réfrigérateurs, appareils de cuisson (avec pour objectif, par exemple, de faciliter la préparation des repas avec des menus variés et équilibrés !) et lave-linge connectés.







A noter pour conclure la prouesse technologique d’Intel qui a annoncé à l’occasion de ce CES un processeur quantique à 49 qubits qui utilise, en particuliers, des supraconducteurs pour parvenir à une température proche du zéro absolu nécessaire à son fonctionnement. La compétition avec IBM et Google est relancée de fort belle manière…

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